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Les fabliaux (Moyen Âge)

La naissance d'une littérature nouvelle

A partir du XIIIème siècle, la ville devient le centre d'une activité débordante. On assiste à l'apparition de la classe des bourgeois (habitants des bourgs) et avec eux, des commerçants et artisans. Les grandes foires se multiplient et favorisent les rencontres et les échanges.

Dans ce contexte, les goûts littéraires évoluent. Le public se détourne des romans de chevalerie et s'enthousiasme pour une nouvelle forme de littérature, constituée de petits récits vifs et plaisants, écrits en vers octosyllabiques (de huit syllabes) et appelés fabliaux (du latin fabula : "récit, histoire").

Ces récits puisent leur inspiration dans la réalité médiévale : l'action se déroule à la ville ou à la campagne, les personnages sont des gens du peuple (paysans ou vilains, bourgeois, prêtres...) saisis dans leur vie quotidienne (on y trouve les problèmes de nourriture et d'argent, les croyances, la peur de Dieu et du diable...).

Les auteurs des fabliaux s'amusent cependant : ils présentent la satire (ils se moquent avec gaieté) des défauts et comportements humains (avarice, gourmandise, sottise, jalousie...) et donnent la plupart du temps raison aux plus pauvres et aux plus ingénieux qui s'en sortent par la ruse.

La plupart des fabliaux ont été écrits dans le nord de la France. Il nous en est parvenu environ cent cinquante, presque tous d'auteurs anonymes.

Les textes des fabliaux n'étaient pas destinés à être lus mais récités par des jongleurs ambulants qui allaient de foire en foire et de château en château ; certains jongleurs, comme Courtebarbe, étaient eux-mêmes écrivains. Leur public était large, composé de nobles, de bourgeois ou de gens du peuple. Les jongleurs usaient de tout leur talent pour susciter l'intérêt du public et le faire rire : ils interpellaient l'auditoire, mimaient les personnages, excellaient dans l'art de la mise en scène.